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Le Parquet général poursuit Hissène Habré pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures

24h après l’arrestation de l’ex président Tchadien, le Procureur général des Chambres africaines extraordinaires est sorti de sa réserve. Mbacké FALL, qui a fait face à la presse nationale et internationale ce lundi 01 Juillet 2013, est largement revenu sur les circonstances de l’arrestation de Hisséne Habré dimanche dernier, ainsi que les faits qui lui sont reprochés. Le dossier devrait en principe atterrir ce mardi 02 Juillet sur la table du juge d’instruction.

 24h après l’arrestation de l’ex président Tchadien, le Procureur général des Chambres africaines extraordinaires est sorti de sa réserve. Mbacké FALL, qui a fait face à la presse nationale et internationale ce lundi 01 Juillet 2013, est largement revenu sur les circonstances de l’arrestation de Hisséne Habré dimanche dernier, ainsi que les faits qui lui sont reprochés. Le dossier devrait en principe atterrir ce mardi 02 Juillet sur la table du juge d’instruction.

                                  Faits et preuves contre Habré

A en croire Mbacké FALL, le parquet général des Chambres africaines extraordinaires n’a pas eu beaucoup de peine à formuler son réquisitoire introductif. Hissène Habré a été arrêté sur la base de documents fournis par la justice belge et les magistrats tchadiens, ainsi que des éléments recueillis lors de la visite des sites abritant des charniers et lieux de détention à Ndjamena. « Nous avons reçu des documents et des auditions que nous avons vérifiés en Belgique et au Tchad. Les renseignements et les documents obtenus ainsi que les auditions que nous avons pu effectuer nous permettent d’enclencher des poursuites contre Hisséne Habré » a martelé le Procureur général Mbacké FALL qui a indiqué par la suite qu’ « après avoir procédé aux vérifications et recoupements, nous avons réfléchi à une stratégie de poursuite conformément aux statuts des Chambres africaines extraordinaires notamment en son article 17 ». En plus de ses éléments, le parquet général a pris connaissance des rapports des organisations internationales de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch et celles basées au Tchad. Il y a également le rapport de la commission nationale d’enquête. A la lumière de ces documents et autres éléments graves et concordants, il ne restait qu’à finaliser le dossier pour le réquisitoire. « Une fois à Dakar, il ne nous restait plus qu’à finaliser et nous avons fait notre réquisitoire » a conclu Mbacké FALL devant la presse.

Les circonstances de l’arrestation de Hissène Habré

Le dossier était donc « costaud » et largement suffisant pour déterminer la suite. Une semaine après leur retour de Ndjamena, Mbacké FALL et son équipe ont accéléré les choses en demandant l’arrestation de Hissène Habré sur la base des éléments recueillis au cours de leurs enquêtes. « Une semaine après notre retour, nous avions demandé que Habré soit arrêté et placé en détention et compte tenu des indices graves dont nous disposons, nous l’avons arrêté, gardé à vue et nous allons le présenter au procureur demain (mardi 2juillet –NDLR) » a informé le procureur général qui a, en outre, révélé que c’est pour éviter tout problème comme des attroupements, résistance armée ou tout autre pression, que l’ex président Tchadien a été interpellé et arrêté dimanche dernier à son domicile. Une décision prise à la suite des menaces proférées par les habitants de son quartier qui comptaient s’opposer par tous moyens à son arrestation. Plus grave encore, selon Mbacké Fall : « Hissène Habré dispose d’un armement et des armes de guerre. Il pouvait tenter de mettre fin à sa vie, c’est pourquoi il fallait l’arrêter avec tact et éviter tout débordement. Pour toutes ses raisons, nous avons demandé à la DIC de procéder à son arrestation sans bruit, ni tempête ».

Pressions et relation avec la visite d’OBAMA

 

La décision d’arrêter l’ancien président tchadien a été prise bien avant la venue du président américain, Barack Obama, au Sénégal, avant d’être reportée « compte tenu de l’indisponibilité des forces de sécurité », à en croire le Procureur général qui, par ailleurs, a tenu à préciser  que le parquet général n’est soumis à aucun pouvoir hiérarchique.
Selon lui, cette mesure a été « reportée compte tenu de l’indisponibilité des forces de sécurité avec l’arrivée d’Obama ».
Et d’ajouter : « Donc, il n’y a aucune connivence avec sa visite. Nous avons un agenda que nous avons déroulé. Ensuite, c’est le réquisitoire et nous avons senti que c’était le moment opportun ». Evoquant toujours les circonstances de l’arrestation de l’ancien président Tchadien, Mbacké FALL révèle aux journalistes que : « Nous détenons de renseignements dont vous ne disposez pas et c’est donc par mesure de sécurité que nous avons procédé à son arrestation en toute discrétion sachant que les menaces sont toujours réelles ».

Demande d’inculpation et suite de la procédure

La suite du dossier sera connue ce mardi, après l’audition de Habré par le juge d’instruction des Chambres africaines.Toujours selon le Procureur général, le délai de la garde à vue arrive à expiration ce mardi. « Ensuite Habré sera présenté au juge d’instruction qui travaille en toute indépendance ». Le juge d'instruction sera libre de prendre «  une ordonnance contraire » à un avis du Parquet qui va demander l’inculpation du mis en cause. « Si à la suite des investigations le juge d’instruction estime qu’il y a lieu de renvoi devant la cour d’assises, il prendra une ordonnance de mise en accusation et de renvoi devant la Chambre africaine extraordinaire d'assises ». Donc les prochaines heures nous édifieront.

Pour rappel, M Habré, qui vit en exil à Dakar depuis sa chute après huit ans de pouvoir au Tchad (1982-1990), est accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de tortures. Selon des Organisations de défense des droits de l’homme, environ 40.000 personnes auraient été tuées durant sa présidence. Pour son jugement, le gouvernement sénégalais et l’Union africaine (UA) ont signé un accord, en vue de la création, au Sénégal, d’un tribunal spécial. L’accord a été approuvé le 19 décembre par les députés sénégalais. Des Chambres africaines extraordinaires ont été créées au sein des juridictions sénégalaises pour le juger.