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Relation entre l’arrestation des ex responsables de la DDS et le dossier Habré

Mbacké Fall PG Ciré Aly Ba Administrateur

Les Avocats des inculpés rassurés

Le Procureur général des Chambres africaines extraordinaires a reçu ce mercredi (12 juin 2013), les avocats conseils des ex responsables de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS) récemment inculpés par la justice tchadienne.

Mes Sobdibé ZOUA, Sammat DIEUDONNE et Nguadjadoum JOSE étaient venus rencontrer Mbacké FALL pour avoir des informations sur les liens qui existeraient entre l’arrestation de leurs clients et la procédure enclenchée par les Chambres africaines extraordinaires dans le cadre des poursuites judiciaires contre Hisséne HABRE.

Au sortir de leur entretien les avocats se disent rassurés. Me Sobdibé ZOUA, conseiller de Mahamat DJIBRINE dit « Eldjonto » (faisant partie de la dizaine de personnes arrêtées), nous a accordé une interview :

Chambres africaines  : Me pouvez-vous nous dire qu’est ce qui justifie votre rencontre avec le Procureur général des chambres africaines extraordinaires ?

Me ZOUA  : il était important que nous rencontrions le Procureur général, M Mbacké FALL pour plusieurs raisons. Mais je vais en citer deux. D’abord parce que le Procureur général des chambres africaines extraordinaires est le magistrat qui est investi d’une mission de diligenter un dossier qui intéresse mon client, M Mahamat DJIBRINE alias « Eldjonto ». Ensuite, parce que nous devions venir vérifier et avoir des informations sur les relations qui existeraient entre la procédure enclenchée par les C.A.E dans le cadre des poursuites contre Hisséne HABRE et celle enclenchée ici au Tchad contre nos clients. Autrement dit nous avons voulu savoir concrètement s’il y a une distinction entre les deux procédures ou non. Si oui à quel niveau ? Et quelle sera la suite de la procédure ?

Chambres Africaines  : Et quelle a été la réponse du Procureur ?

Me ZOUA  : Le Procureur général, Mbacké FALL, nous a écoutés. Et nous sommes satisfaits de ses réponses. En effet, il nous a fait savoir qu’en réalité il n’y a pas de liens entre l’arrestation de nos clients ici à N’djaména et la procédure concernant le dossier de l’ex Président HABRE. Cependant il a tenu à préciser qu’il pourrait s’intéresser à un ou plusieurs de nos clients inculpés s’il est prouvé qu’ils ont un lien avec la procédure en cours. Et cela nous le comprenons bien parce que nous savons qu’à ce niveau les enquêteurs seront à la recherche de preuves et de tout autre élément nouveau pouvant apporter des éclaircissements dans ce dossier qui intéresse les Chambres africaines.

Chambres africaines  : Avez-vous d’autres observations particulières à faire par rapport à la procédure actuelle ?

Me ZOUA  : Oui. Effectivement plusieurs questions se posent actuellement par rapport à la procédure utilisée contre nos clients. Par exemple, en ce qui concerne Mahamat DJIBRINE, il vient juste d’être arrêté alors que les premières auditions concernant les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu en 2003. On se demande pourquoi on l’arrête dix ans après ? Pourquoi le juge d’instruction a laissé tout ce temps écoulé sans l’entendre? Il y a donc un problème à ce niveau.

Chambres africaines  : Qu’est-ce que vous attendez des Chambres africaines extraordinaires ?

Me ZOUA  : Tout d’abord je dois vous dire ma satisfaction de la création des Chambres africaines extraordinaires par l’Union africaine. C’est une initiative à saluer pour plusieurs raisons. Par exemple la création de ces chambres aura le mérite de taire les gens qui ont toujours critiqué la justice africaine qui ne serait pas en mesure de juger ses propres citoyens. Cependant il faut une indépendance des magistrats. Ces derniers doivent aussi être compétents pour mener à bien la mission qui leur est assignée. Je constate que les magistrats qui sont pour le moment choisis sont expérimentés. Je pense qu’il leur faut juste beaucoup de courage et d’abnégation pour avoir un procès équitable, juste et transparent.

Les Chambres africaines extraordinaires vous remercient.